14 septembre 2007

Mondes virtuels et intelligence artificielle

Suite au conseil de l’excellent Pierre-Olivier Carles, j’ai lu le billet de Richard MacManus sur les 10 tendances du Web de demain. Voilà effectivement un texte de grande qualité, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a quelque chose d’un peu déficient dans cette approche analytique. Juxtaposer ainsi – et classer l‘un par rapport à l’autre – intelligence artificielle et mondes virtuels me semble quand même bien étrange.

Je voudrais à mon tour citer un article – également de grande qualité – paru hier dans BBC News sous la plume de Mark Ward et dont le titre est : « les mondes virtuels en passe de devenir des incubateurs d’intelligence artificielle ». Il s’agit essentiellement d’un reportage sur les travaux menés par Novamente dans le domaine de l’intelligence artificielle en liaison avec les mondes virtuels. Ici, pas de juxtaposition, pas de classification, mais une imbrication forte entre les deux domaines : « Les mondes virtuels fournissent le corps ». « Il est beaucoup plus pratique de contrôler des robots virtuels dans des mondes simulés que des robots réels ».


Novamente travaille actuellement avec The Electric Sheep Company à la mise au point d’animaux de compagnie virtuels, dotés d’intelligence artificielle et capables d'apprentissage. Mais son fondateur, Ben Goertzel, ne cache pas qu’il s’agit là d’une toute première étape, et il envisage à terme la réalisation de « bébés virtuels ».

Il ne fait pas de doute que l’étape « ultime » consiste dans la réalisation d’avatars simulés qui pourront peupler les mondes virtuels et y effectuer différentes missions pour notre propre compte. Ceci nous ramène un peu à l’argument de la simulation développé par Nick Bostrom mais, si on laisse de côté l’aspect philosophique pour l'instant, c’est peut-être bien là que se situe la fantastique puissance des mondes virtuels, pour devenir effectivement ce que nous appelons aujourd’hui le « Web de demain ».

1 commentaire:

Pierre-Olivier a dit…

Pour moi, cette juxtaposition s'explique assez naturellement. On parle beaucoup du Web aux US, par substitution (plutôt par raccourci, avec l'Internet.

Si le web est clairement identifié, l'Internet est un assemblage de dizaines de technologies dédiées à des dizaines d'applications (dont les plus connues sont le Web, l'email, etc..).

Ce qui fera l'Internet de demain est l'avènement de courant forts, comme les Mondes Virtuels ou le User Generated Content (à peine effleuré aujourd'hui encore !).

Je pense que c'est pour cela que l'on parle de tendance plus que de technologies ou de services. Cela regroupe à la fois la techno, le marketing, la valeur ajoutée pour l'expérience utilisateur, l'innovation, etc...

Pour revenir aux mondes virtuels, ils ne vont pas remplacer le web (et encore moins l'Internet qui les supporte !), ils vont évoluer pour converger vers l'existant et apporter une complémentarité que seules leurs qualités (et en premier lieu, la 3D) peuvent proposer. Pour moi, c'est ça, la tendance en question.

PS : Doucement avec les "excellent Pierre-Olivier", mon égo risque d'en souffrir ! :-)